Le ministère des Affaires Etrangères conseillant de quitter Jogyakarta car craignant une explosion fin de semaine (aéroport fermé à cause de la fumée du volcan Merapi) et les temples étant fermés à cause des cendres, nous décidons d’aller en direction du volcan Bromo. Malheureusement, celui-ci étant plus en activité qu’à son habitude, il est également déconseillé de s’en approcher…. Nous décidons alors de sauter cette étape et de nous rendre directement au volcan Kawa Ijen qui lui est encore sans danger.
Après une première journée de transport (12h30 de bus, plusieurs changements) puis une deuxième journée (5 h de bus, plusieurs changements encore), nous ne trouvons pour finir notre route qu’un camion qui nous propose de nous emmener dans le village le plus proche du volcan. Le guide du Routard mentionnait bien qu’il fallait faire feu de tout bois pour parvenir au Kawa Ijen….
Route défoncée + planche en bois = ecchymoses aux fesses.
Arrivée dans notre superbe hôtel…..isolé de tout, très à cheval sur l’hygiène, tenu par une mafia locale fort sympathique…..Si vous ne les voyez pas bien, il y a des petits vers qui flottent dans notre mandi….
Ils ont commencé à gratter, mais c’était trop épuisant…
Finalement, refusant de céder au prix hallucinant proposé par l’hôtel pour atteindre les derniers kilomètres jusqu’au volcan, nous quittons cet endroit à pied : 2 h de marche en pente sous un soleil de plomb avec les gros sacs sur le dos.
Nouvel hôtel dans une plantation de café. Vue sur le Kawa Ijen et d’autres volcans alentours (le Kawa Ijen c’est celui qui fume)
Promenade dans les plantations de café.
Séchage des grains après fermentation.
Visite de l’atelier de tri des grains de café. On écarte les grains abîmés et on sélectionne les meilleurs pour un café de première qualité.
Ceux-ci sont les meilleurs grains (normalement il ne devrait pas y avoir de creux dans le grain)
Autre manière de faire du café : grâce à la digestion d’un animal : le luwak.
Le luwak est un animal qui vit dans les forêts d’Indonésie. Pour produire leur café, ils possèdent une centaine de luwaks en captivité. Ils les nourrissent de cerises du caféier. Le luwak a une digestion quasi nulle. Il ne digère pas les grains qui se retrouvent dans ses excréments. Or, la digestion du luwak fait subir aux grains de café une transformation qui leur donne un bon arôme. On récolte alors ses excréments qui vont donner le café appelé Le Kopi Luwak. Il est produit essentiellement en Indonésie et il vaut très cher (jusqu’à 1000 dollars le kilo).
Nous trouvons enfin un chauffeur pour aller au pied du kawa Ijen. Le kawa Ijen. est le principal centre d’exploitation de soufre d’Indonésie. Trois km de montée raide absolument épuisante pour atteindre le cratère. Nous montons en même temps que les porteurs de soufre (appelés« pencari ».) Ils portent sur leurs épaules des paniers à balancier pesant de 60 à 80 kg. En chemin, l’un d’eux propose à Jphi de soulever le panier de 80 kg. Il n’y parviendra pas !
Ils effectuent la montée jusqu’au cratère suivie de la descente au fond du cratère puis le retour avec le chargement deux fois par jour, soit 15 km ! Et leur village est encore à 11 km… Nous, à vide, on était épuisés. Nous croisons les premiers porteurs qui descendent deja.
Sur le chemin, autour de nous, des volcans.
Arrivée au cratère.
Vue d’en haut. Ne vous fiez pas aux apparences. Il s’agit en fait d’un magnifique lac d’acide sulfurique concentré (autrement dit, il est très fortement déconseillé de s’y baigner !)
Nous décidons de descendre au fond du cratère pour ressentir ce que vivent ces porteurs au quotidien.
La tache est tellement épuisante qu’ils ne travaillent qu’un jour sur deux (3 ou 4 jours dans la semaine).
Jphi, encouragé par son expérience dans la chimie, décide de parcourir encore les derniers mètres les plus difficiles qui nous séparent de la source du soufre. Moi, je m’en sens incapable et j’entame tout doucement ma remontée. (Il faut aller doucement pour ne pas trop ouvrir les bronches)
En descendant, le vent tourne et Jphi se retrouve coincé dans un gros nuage d’acide. Instinct de survie : se réfugier au sol (si possible derrière un caillou) et se couvrir le nez et la bouche d’un foulard. Il a l’impression de mourir, nez, gorge et yeux qui brûlent (encore quelques heures plus tard.) Impossible de trouver de l’air .Il remontera au plus vite, tant bien que mal.
Pendant ce temps, je crois être à l’abri mais le vent m’apporte également un nuage de soufre. Impression terrible. Un porteur me conseille de mouiller mon foulard dans l’eau. Je n’arrête plus de tousser.
Serrer un foulard mouillé entre ses dents quand un nuage arrive.
Pas étonnant que leur espérance de vie dépasse à peine les 50 ans. Et en ce moment, en France, on fait grève pour la retraite à 62 ans. Relativisons….
Au fomd du cratere, le soufre jaillit à l’était liquide (120 C°) puis refroidit.
Puis ils cassent des petits blocs afin de pouvoir les charger dans les paniers.
Au retour, pesée du chargement. Le soufre sera refondu et vendu à une coopérative de raffinage du sucre. Les porteurs perçoivent 1000 rupiahs par kg, c’est-à-dire environ 12 euros par jour, ce qui est très bien payé par rapport au salaire indonésien…
Tel est le quotidien des porteurs de soufre…Nous sommes satisfaits de l’avoir fait pour nous rendre compte des conditions de travail terribles de ces gens. Nous ne comprenons pas d’où ils puisent leurs forces.
Pour nous remonter le moral, une vue d’en haut.
Voila, ainsi s’acheve Java. Direction Bali pour la suite.
Pendant tous les longs trajets effectues sur cette ile, entre deux prières, nous avons rédige la Bible du conducteur Indonésien :
1 Le plus vite possible à destination tu arriveras.
2 Toujours pressé tu seras.
3 Tout véhicule et obstacle sans attendre tu dépasseras.
4 Jamais tu ne freineras. Seul le klaxon tu utiliseras.
5. Du klaxon, tu abuseras.
6. En toi Schumacher se réincarnera.















































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