Coincé entre le Honduras, le Mexique, le Belize et le Salvador, ce pays est tout à fait particulier. Il a réussi à conserver ses coutumes et costumes traditionnels, ce qui nous plonge dans un autre lieu et un autre temps, surtout en cette période de Pâques si importante pour ces gens.
Nous arrivons à Antigua le jeudi de la Semaine Sainte. Pour les Guatémaltèques, ainsi que pour la plupart des pays d’Amérique Centrale, il s’agit-là de leur seule semaine de vacances de l’année ! (Les fonctionnaires (comme partout), ont droit à plus de vacances). C’est l’euphorie dans le pays.
Antigua, ancienne capitale du Guatemala.
En 1973, Antigua a été détruite par un tremblement de terre. La capitale fut alors transférée à Guatemala Ciudad qui est encore la capitale aujourd’hui.
La cathédrale Santiago. A son apogée, il y avait à Antigua 37 églises et une cathédrale ! ( au 17e - 18 e siècle.)
Rues d’Antigua.
Près de la place centrale.
Des gens très aimables.
Déjà une procession le Jeudi Saint. L’apogée de la fête, ce sera le vendredi.
Seconde étape, les villages de montagne autour du lac Atitlan.
Vendredi Saint dans un village de montagne autour du lac: Santiago de Atitlan.
60 % de la population guatémaltèque sont des Indigènes, majoritairement Mayas. C’est dans les Hautes Terres (montagnes) où les mayas sont les plus nombreux. Les habitants de ces villages portent encore le traje, costume traditionnel.
Les tenues varient selon les villages. En fait, les styles, motifs et couleurs furent à l’origine imposés par les colons espagnols pour distinguer les populations des différents villages ! Ne supportant pas la nudité, l’Eglise a introduit les chemises, les shorts longs et les chapeaux.
Dans ce village de Santiago, les hommes portent des shorts longs rayés et une chemise avec une large ceinture.
Sans oublier le chapeau!
Ceux-ci portent encore les sandales traditionnelles.
Les coiffes des femmes sont une bande de tissu de plusieurs mètres enroulé autour de la tête.
Les femmes tissent et portent le huipil. ( tunique.)
Les huipiles sont la plupart du temps fait entièrement à la main par les femmes. Ils sont brodés d’oiseaux et de fleurs colorés.
Selon la tradition, les jeunes filles portent la jupe au-dessus des genoux, les femmes mariées, au niveau des genoux et les femmes âgées sous le genou. Elles ont de larges ceintures brodées de beaux motifs colorés
Les femmes utilisent les kaperraj, espèce de châle, de plusieurs manières : pour se couvrir la tête, se protéger du froid, porter leur bébé, transporter des choses…
On est surpris par leur visage triste et fermé. Ce jour là, c’est la fête, mais pas de sourires, les visages restent fermés, les gens ne parlent pas vraiment entre eux.
Les Mayas n’aiment pas être photographiés. On comprend un peu leur méfiance lorsqu’on réfléchit à tout ce qu’ils ont subi.
Avec l’arrivée des conquistadores espagnols en 1521, la population maya a été massacrée ou réduite en esclavage. Après le départ des colons, les Guatémaltèques ont subi plusieurs régimes dictatoriaux : une vie politique agitée, rythmée par des coups d’Etat et des répressions militaires.
A partir de 1980, les meurtres des opposants deviennent encore plus importants : plus de 100 assassinats politiques chaque mois !Un nombre incroyable de Mayas furent massacrés au nom de la lutte anti-insurrectionnelle. Un régime de terreur est instauré pour éviter la guérilla : plus de 400 villages furent rasés et la majorité des habitants assassinés après avoir été torturés.
Des accords de paix ont été signés en 1996 pour mettre fin à 36 ans de guerre civile qui ont fait 200 000 morts.
Ce petit village de Santiago fut le premier village qui réussit à chasser l’armée en 1990, suite à l’assassinat de 13 villageois !
Les Mayas restent en dessous de l’échelle sociale aujourd’hui encore. Analphabétisme, manque d’éducation, pauvreté.
Nou sommes vendredi Saint, jour de la mort du Christ . Ce jour est le plus important pour eux, plus que ne l’est le dimanche de Pâques. Toute la journée, ils s’affairent à réaliser des tapis de fleurs et de sciure de bois colorée.
Ils réalisent de véritables œuvres d’art.
Des jours de préparation. Des croquis sont réalisés longtemps à l’avance.
Ce sont des kilomètres de rues qui sont ainsi décorées.
Ils arrosent pour que les pétales et la sciure ne s’envolent pas.
Ces œuvres sont très éphémères puisque, dès que la procession est passée, on ramasse tout et on balaie !
Le lendemain, visite d’un autre village autour du lac : Panajachel.
Encore de beaux costumes traditionnels différents.
Belle coiffure des femmes
Les hommes portent d’autres costumes : pantalon long et chemise à manches longues avec une espèce de tablier.
Direction le village de Chichicastenango. C’est le jour de Pâques dans ce village célèbre pour son marché.
Femmes qui achètent du tissu pour confectionner leur huipil.
Des tissus colorés et des motifs originaux. J’ai envie de tout acheter (comme d’habitude)
Sortie de la messe. Ici, la religion catholique se mêle à des rituels mayas. Par exemple le messe sera suivie d’une cérémonie de sacrifice d’un poulet sur une montagne.
Dans ce village, encore d’autres costumes.
Les hommes portent de superbes tenues.
Les femmes portent des couleurs plus vives, chaudes, proches des tissus du Pérou.
Des masques colorés et variés
Direction le centre du pays. Des transports très longs sur des routes montagneuses très escarpées, en mauvais état. Les fortes pluies de l’année dernière ont provoqué des glissements de terrain incroyables ainsi que des inondations tuant des dizaines de personnes. Des pans entiers de montagnes se sont effondrés. Malheureusement, réparer ou améliorer ces routes n’est pas la priorité du gouvernement.
Dans ce petit minivan, 28 personnes ! 40 C°. La roue avant droite dégage un nuage de fumée (le chauffeur s’arrête de temps en temps pour vérifier que ça ne prend pas feu), un rocher qui se détache de la montagne (reste des glissements de terrain), quatre heures trente de route, aucune pause. Bref, des conditions optimales pour se détendre pendant le trajet. A la fin de la journée, décontractant musculaire de rigueur ! C’est le seul pays que nous ayons visité où il n’y a aucun grand bus pour faire les principales liaisons interurbaines. Il n’y en a que vers la capitale.
Autre transport. De mieux en mieux, on veut nous mettre à cinq par rangée. Nous refusons violemment en menaçant de quitter le véhicule. Par contre, parmi tous les autres passagers, personne ne s’est révolté ! Certains se sont retrouvés à six par rangée! Debout ou compressés comme du bétail pendant plus de quatre heures sans aucune pause! La petite fille assise au 3ème rang est complètement écrasée. Comme dans tous ces pays pauvres, les gens semblent résignés. Le résultat d’années d’oppression ?
Des enfants qui, au lieu d’être à l’école, viennent vous vendre plein de choses dans les bus…
Toujours le même schéma. Pas véritablement d’industrie dans ce pays. Beaucoup de gens survivent de petits boulots tels que la vente d’objets. Du matin au soir, ils arpentent les rues en pour vendre quelques pains, des montres, des boissons…
En lisant le journal, on est effrayé par la violence et la criminalité. Dans le journal, des pages entières de meurtres, assassinats de gens pour leur argent ou pour des règlements de compte. Les articles sont à chaque fois accompagnés de photos montrant les victimes mortes baignant dans le sang…Bilan de la semaine sainte cette année dans le journal : 35 morts par armes à feu et 7 par armes blanches.La population se fait justice elle-même. Tous les jours, ces faits alimentent les journaux.
Pourtant, nous étions plongés au coeur de la population et nous n’avons ressenti de peur à aucun moment. Au contraire, les gens sont ouverts, serviables et très aimables. 
Changement de décor, on remonte vers le centre du pays direction Semuc Champey, plusieurs bassins d’eau douce creusés dans du calcaire, en plein cœur de la forêt.
Vue du mirador.
Des bassins d’eau naturels.
En s’approchant un peu.
Allez, on descend et on va se baigner !
L’eau a formé des tunnels dans la roche.
On redesecend pour rejoindre un autre site.
Les grottes de Lanquin, très impressionnantes, entourées d’une magnifique rivière turquoise.
Ici, il y a beaucoup de forêts, mais lorsque nous traversons le pays en bus, nous constatons que les Guatémaltèques coupent et brûlent des forêts et des montagnes un peu partout pour y planter du mais ou d’autres cultures. Une catastrophe écologique.
Nous montons encore plus au nord dans le Peten. Visite du site maya de Tikal.
Le temple du Grand Jaguar, construit en l’honneur du roi Double Rayon de Lune qui y est enseveli. Il mesure 44 mètres.
Montée raide.
Ce site a été construit au cœur de la jungle. Vue depuis un grand temple.
Cérémomie maya devant le temple.
Le roi devait donner son sang au cours de cérémonies rituelles (sacrifices). Il se perçait la langue, les oreilles ou le pénis.
Au VI e siècle, Tikal était devenue une grande puissance militaire avec des rois guerriers puissants. A cette époque, près de 100 000 personnes vivaient à Tikal qui s’étendait sur 30 km carrés. Le déclin de Tikal a lieu vers 900, en même temps que l’effondrement de l’ensemble de la civilisation maya de cette région. Des grandes périodes de sécheresse en seraient la cause. Ce n’est qu’à partir de 1850 qu’on redécouvre le site.
Les Mayas admiraient les fronts plats et le strabisme. Ainsi, ils ficelaient une planche de bois sur le front des enfants pour le front plat et suspendaient des perles de cire devant leurs yeux pour provoquer le strabisme…
Pour aller d’un temple à un autre, on traverse la jungle.
Beaucoup de singes dans les arbres. 
Aussi des coatis très joueurs.
Un pays pas si facile que ça à visiter. Il était souvent difficile d’obtenir des renseignements. Ainsi, lorsqu’on demandait un renseignement à six personnes différentes, on obtenait six réponses différentes ! (chacun était bien sûr persuadé de la véracité de ces propos). La galère donc pour connaitre les horaires et les emplacements des bus. Ajoutez à cela des distances assez importantes sur des routes de montagnes sinueuses et abimées ou pas encore goudronnées (la route rejoignant la frontière mexicaine est une route en terre et cailloux).
Par contre, un pays qui a beaucoup d’atouts. Il se distingue complètement de ses voisins par son authenticité. Le fait de voir des gens porter encore les tenues traditionnelles est quelque chose d’unique en Amérique Centrale. Des Guatemalteques sympathiques dans les villes, des Indiens dans les villages recules beaucoup plus mefiants.






























































































































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